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Le PRELEX remplace un cristallin encore transparent mais devenu rigide. L'intervention est irréversible et elle engage la vision sur des décennies, ce qui rend les critères de sélection stricts.
L'âge, la correction associée et l'état de la rétine déterminent l'indication. Le tableau ci-dessous reprend les situations les plus fréquentes.
| Profil | PRELEX | Pourquoi |
|---|---|---|
| Hypermétrope presbyte 45 ans et plus |
Première intention | Une seule intervention corrige la vision de loin, intermédiaire et de près. |
| Presbyte 50 ans et plus |
Indication habituelle | Le cristallin a fini de durcir, et l'intervention supprime le risque de cataracte future. |
| Presbyte entre 45 et 50 ans |
À discuter | La monovision laser est une alternative. Attendre 50 ans a souvent du sens. |
| Moins de 45 ans | Hors indication | Le cristallin garde de la souplesse et remplit encore son rôle. |
| Pathologie rétinienne active | Contre-indication | Le bénéfice d'un implant multifocal suppose une rétine saine. |
Ce tableau donne la ligne générale. La biométrie, l'état du cristallin et vos besoins visuels quotidiens peuvent modifier l'orientation, et c'est l'examen qui tranche.
Les consultations ont lieu sur cinq sites CHIREC de la région bruxelloise et du Brabant wallon.
Bilan et chirurgie
CHIREC Hôpital Delta, boulevard du Triomphe 201, Auderghem.
Durée
Une intervention par œil, à quelques jours d'intervalle, en ambulatoire.
Tarif
3000 à 4000 € par œil. À charge du patient, comme toute chirurgie réfractive en Belgique.
PRELEX signifie PRESbyopic Lens EXchange. C'est le remplacement du cristallin naturel devenu rigide par un implant multifocal ou trifocal de dernière génération. Techniquement, c'est la même intervention que la chirurgie de la cataracte : une phacoémulsification. Ce qui diffère, c'est le contexte : le cristallin est encore transparent, mais il a perdu sa souplesse et ne peut plus faire la mise au point de près.
Une seule intervention corrige simultanément la presbytie, l'hypermétropie ou la myopie préexistante, et prévient définitivement la cataracte future. Le cristallin artificiel ne vieillit pas.[1]
Avant. Le cristallin a perdu sa souplesse, et parfois sa transparence. C'est lui qui limite la vision de près, et lui qui deviendra une cataracte.
Après. Le cristallin est remplacé par un implant transparent, maintenu par deux anses souples dans le sac capsulaire. Il ne vieillit pas, et la cataracte ne peut plus se former.
C'est une intervention irréversible. Retirer un cristallin naturel encore fonctionnel engage la suite sur des décennies. C'est pourquoi les critères de sélection sont stricts et le bilan préopératoire est particulièrement approfondi.
Le PRELEX s'adresse aux patients de plus de 45 ans présentant une presbytie installée, idéalement associée à une hypermétropie ou une myopie. C'est la solution de référence pour l'hypermétrope presbyte qui souhaite corriger simultanément vision de loin, intermédiaire et de près en une seule intervention.
Il n'est pas indiqué chez les patients trop jeunes dont le cristallin conserve encore une certaine souplesse. Dans ce cas, la monovision laser peut être une alternative à évaluer. Le bilan détermine quelle option est la plus adaptée au profil précis du patient.
Implants multifocaux et trifocaux. Corrigent simultanément la vision de loin, intermédiaire et de près. La méta-analyse bayésienne de Zhu et coll. (13 études, 513 patients avec IOL trifocaux type PanOptix/FineVision) rapporte une indépendance complète aux lunettes chez 91,6 % des patients, avec 95,9 % pour la vision de loin, 96,3 % pour l'intermédiaire et 89,6 % pour le près.[2][4] Les phénomènes dysphotopsiques (halos, glare, starbursts) sont fréquents dans les premières semaines : halos rapportés dans 43,9 % des cas, glare dans 33,6 %, starbursts dans 30,4 %, mais sévères chez moins de 5 % et vraiment gênants chez moins de 3 %.[5] Ils s'atténuent progressivement avec l'adaptation neurologique.
Implants EDOF. Extended Depth Of Focus : plage de vision étendue de loin à intermédiaire, avec moins de halos. Adaptés aux patients qui conduisent beaucoup ou travaillent intensément sur écran, et acceptent de légères lunettes pour la lecture fine.
Implants monofocaux en monovision. Pour les patients qui préfèrent éviter tout risque de halos : un oeil corrigé de loin, l'autre de près. Solution plus simple optiquement, au prix d'une légère asymétrie binoculaire.
La récupération est rapide. La vision s'améliore dès le lendemain. La stabilisation complète prend deux à quatre semaines. L'adaptation neurologique aux implants multifocaux, si elle est nécessaire, prend généralement un à trois mois.[3]
Pour les patients correctement sélectionnés avec un implant multifocal de qualité, la majorité des patients se passent de leurs lunettes au quotidien dans la plupart des activités courantes.
Se passer de lunettes ne garantit pas une vision parfaite dans toutes les conditions. Certaines situations (lecture fine prolongée, éclairage très faible, conduite nocturne intensive) peuvent encore nécessiter une légère correction occasionnelle.
C'est un point que j'aborde systématiquement avant l'intervention.[2]
PRELEX et cataracte : quelle différence ?Techniquement, c'est la même intervention. Dans la cataracte, le cristallin est opacifié et doit être retiré. Dans le PRELEX, il est encore transparent mais rigide. C'est une décision élective, prise pour gagner en autonomie visuelle.
Références
Le PRELEX est réalisé en ambulatoire : vous rentrez chez vous le jour même. L'intervention dure environ 15 à 20 minutes par œil. Les deux yeux sont opérés à quelques jours d'intervalle.
Les premiers jours, la vision peut être légèrement floue ou voilée : c'est normal et transitoire. Les activités légères (lecture, télévision, marche) sont possibles dès le lendemain. La conduite est autorisée dès que la vision est suffisante, généralement dans la première semaine.
La stabilisation visuelle est progressive sur quatre à six semaines. L'adaptation neurologique aux implants multifocaux se fait sur deux à trois mois. Pendant cette période, des halos lumineux nocturnes peuvent être perçus ; ils s'estompent dans la très grande majorité des cas.
Le Dr Serdal Sanak, chirurgien ophtalmologue au CHIREC, réalise le PRELEX. Les consultations ont lieu sur cinq sites CHIREC de la région bruxelloise et du Brabant wallon, le bilan préopératoire et l'intervention à l'Hôpital Delta d'Auderghem.
Non. Le PRELEX remplace un cristallin encore transparent, il est donc considéré comme une chirurgie réfractive et reste à charge du patient : 3000 à 4000 € par œil. La chirurgie de la cataracte, elle, est remboursée par l'INAMI parce que le cristallin y est déjà opacifié.
À partir de 45 ans pour un hypermétrope presbyte, où le PRELEX est l'indication de première intention. Pour une presbytie isolée, le profil typique commence à 50 ans, quand le cristallin a fini de durcir. Entre 45 et 50 ans, la monovision laser reste une alternative à évaluer.
Le PRELEX permet-il de se passer des lunettes ?
Pour les profils correctement sélectionnés, la majorité des patients se passent de leurs lunettes au quotidien dans la plupart des activités courantes.
Le PRELEX est-il irréversible ?
Oui. Une fois le cristallin naturel retiré, il ne peut pas être remis en place. L'implant artificiel peut en revanche être échangé si nécessaire.
Quelle est la différence entre PRELEX et LASIK pour la presbytie ?
Le LASIK monovision est moins invasif, adapté aux 40-50 ans. Le PRELEX remplace le cristallin et est la solution de référence après 50 ans.
Peut-on avoir un PRELEX si on est myope ?
Le PRELEX s'adresse principalement aux hypermétropes presbytes, mais il peut être envisagé chez certains myopes presbytes souhaitant se libérer de toutes leurs corrections. Le bilan préopératoire détermine si le PRELEX ou une autre technique est plus appropriée.
PRELEX et cataracte : quel rapport ?
En remplaçant le cristallin naturel par un implant artificiel lors du PRELEX, on supprime définitivement la possibilité de développer une cataracte sur cet œil. Un œil opéré d'un PRELEX est donc définitivement à l'abri de la cataracte.
Le PRELEX engage la vision sur des décennies, et la décision se prend après un bilan approfondi. La consultation de dépistage permet d'évaluer votre profil réfractif, l'état de votre cristallin et vos besoins visuels quotidiens. Si vous êtes candidat, le bilan préopératoire complet est habituellement réalisé le jour même, dans la continuité de la consultation.
Les premiers jours suivant l'intervention, une protection oculaire légère est portée la nuit. La vision peut être légèrement floue ou instable pendant quelques jours : c'est transitoire et attendu.
Le phénomène le plus souvent évoqué par les patients porteurs d'implants trifocaux est la perception de halos lumineux autour des sources de lumière (phares de voiture, lampadaires, écrans), surtout la nuit. Ces halos sont liés à la nature même de l'optique multifocale : l'implant distribue simultanément la lumière entre plusieurs foyers (loin, intermédiaire, près), et le cerveau doit apprendre à sélectionner l'image pertinente et à ignorer les autres. Ce processus s'appelle la neuroadaptation. Il est variable d'un patient à l'autre : certains l'accomplissent en quelques jours, d'autres en deux à trois mois. Dans la grande majorité des cas, les halos s'estompent significativement avec le temps.
Il existe une alternative aux implants trifocaux : les implants EDOF (Extended Depth of Focus). Ils produisent moins de halos nocturnes. En contrepartie, la vision de près est souvent moins nette qu'avec un implant trifocal, et leur indication dépend de l'anatomie de l'œil. Le choix entre implant trifocal et EDOF dépend de votre correction de départ, de l'anatomie de votre œil et de vos priorités visuelles.