Le PRELEX s'adresse aux patients qui jonglent avec plusieurs paires de lunettes depuis des années et qui cherchent une solution globale et définitive. Une seule intervention, une correction complète.
PRELEX signifie PRESbyopic Lens EXchange. C'est le remplacement du cristallin naturel devenu rigide par un implant multifocal ou trifocal de dernière génération. Techniquement, c'est la même intervention que la chirurgie de la cataracte : une phacoémulsification. Ce qui diffère, c'est le contexte : le cristallin est encore transparent, mais il a perdu sa souplesse et ne peut plus faire la mise au point de près.
Une seule intervention corrige simultanément la presbytie, l'hypermétropie ou la myopie préexistante, et prévient définitivement la cataracte future. Le cristallin artificiel ne vieillit pas.[1]
C'est une intervention irréversible. Retirer un cristallin naturel encore fonctionnel engage la suite sur des décennies. C'est pourquoi les critères de sélection sont stricts et le bilan préopératoire est particulièrement approfondi.
Le PRELEX s'adresse aux patients de plus de 45 ans présentant une presbytie installée, idéalement associée à une hypermétropie ou une myopie. C'est la solution de référence pour l'hypermétrope presbyte qui veut se libérer de toutes ses lunettes en une seule intervention.
Il n'est pas indiqué chez les patients trop jeunes dont le cristallin conserve encore une certaine souplesse. Dans ce cas, la monovision laser peut être une alternative à évaluer. Le bilan détermine quelle option est la plus adaptée au profil précis du patient.
Implants multifocaux et trifocaux. Corrigent simultanément la vision de loin, intermédiaire et de près. Chez les patients correctement sélectionnés, la majorité se passent de leurs lunettes au quotidien dans la plupart des activités courantes. Ils peuvent générer des halos lumineux nocturnes les premières semaines, qui s'estompent progressivement avec l'adaptation neurologique.[2]
Implants EDOF. Extended Depth Of Focus : plage de vision étendue de loin à intermédiaire, avec moins de halos. Adaptés aux patients qui conduisent beaucoup ou travaillent intensément sur écran, et acceptent de légères lunettes pour la lecture fine.
Implants monofocaux en monovision. Pour les patients qui préfèrent éviter tout risque de halos : un oeil corrigé de loin, l'autre de près. Solution plus simple optiquement, au prix d'une légère asymétrie binoculaire.
La récupération est rapide. La vision s'améliore dès le lendemain. La stabilisation complète prend deux à quatre semaines. L'adaptation neurologique aux implants multifocaux, si elle est nécessaire, prend généralement un à trois mois.[3]
Pour les patients correctement sélectionnés avec un implant multifocal de qualité, la majorité des patients se passent de leurs lunettes au quotidien dans la plupart des activités courantes.
Mais "se passer de lunettes" ne signifie pas "vision parfaite dans toutes les conditions en permanence". Certaines situations lecture fine prolongée, éclairage très faible, conduite nocturne intensive peuvent encore nécessiter une légère correction occasionnelle.
C'est un point que j'aborde systématiquement avant l'intervention. L'information préopératoire fait partie du résultat.[2]
PRELEX et cataracte : quelle différence ?Techniquement, c'est la même intervention. Dans la cataracte, le cristallin est opacifié et doit être retiré. Dans le PRELEX, il est encore transparent mais rigide. C'est une décision élective, prise pour gagner en autonomie visuelle.
Références
Le PRELEX est réalisé en ambulatoire : vous rentrez chez vous le jour même. L'intervention dure environ 15 à 20 minutes par œil. Les deux yeux sont opérés à quelques jours d'intervalle.
Les premiers jours, la vision peut être légèrement floue ou voilée : c'est normal et transitoire. Les activités légères (lecture, télévision, marche) sont possibles dès le lendemain. La conduite est autorisée dès que la vision est suffisante, généralement dans la première semaine.
La stabilisation visuelle est progressive sur quatre à six semaines. L'adaptation neurologique aux implants multifocaux se fait sur deux à trois mois. Pendant cette période, des halos lumineux nocturnes peuvent être perçus ; ils s'estompent dans la très grande majorité des cas.
Peut-on avoir un PRELEX si on est myope ?
Le PRELEX s'adresse principalement aux hypermétropes presbytes, mais il peut être envisagé chez certains myopes presbytes souhaitant se libérer de toutes leurs corrections. Le bilan préopératoire détermine si le PRELEX ou une autre technique est plus appropriée.
PRELEX et cataracte : quel rapport ?
En remplaçant le cristallin naturel par un implant artificiel lors du PRELEX, on supprime définitivement la possibilité de développer une cataracte sur cet œil. C'est un avantage souvent sous-estimé : les patients qui bénéficient d'un PRELEX n'auront jamais besoin d'une chirurgie de la cataracte.
Le PRELEX est une décision importante qui mérite une information complète et un bilan approfondi. La consultation de dépistage permet d'évaluer votre profil réfractif, l'état de votre cristallin et vos attentes visuelles. Elle est disponible à Bruxelles sous une à deux semaines. Si vous êtes candidat, le bilan préopératoire complet sera planifié lors de cette même consultation.
Les premiers jours suivant l'intervention, une protection oculaire légère est portée la nuit. La vision peut être légèrement floue ou instable pendant quelques jours : c'est transitoire et attendu.
Le phénomène le plus souvent évoqué par les patients porteurs d'implants trifocaux est la perception de halos lumineux autour des sources de lumière (phares de voiture, lampadaires, écrans), surtout la nuit. Ces halos sont liés à la nature même de l'optique multifocale : l'implant distribue simultanément la lumière entre plusieurs foyers (loin, intermédiaire, près), et le cerveau doit apprendre à sélectionner l'image pertinente et à ignorer les autres. Ce processus s'appelle la neuroadaptation. Il est variable d'un patient à l'autre : certains l'accomplissent en quelques jours, d'autres en deux à trois mois. Dans la grande majorité des cas, les halos s'estompent significativement avec le temps.
Il existe une alternative aux implants trifocaux : les implants EDOF (Extended Depth of Focus). Leur avantage principal est une moindre génération de halos nocturnes. En contrepartie, la vision de près est souvent moins nette qu'avec un implant trifocal, et ils ne conviennent pas à tous les profils anatomiques. Le choix entre implant trifocal et EDOF dépend de votre correction de départ, de l'anatomie de votre œil et de vos priorités visuelles.