L'implant ICL se glisse entre l'iris et le cristallin. La cornée garde son épaisseur, sa courbure et son innervation, ce qui ouvre la chirurgie à des yeux que le laser ne peut pas traiter.
Le degré de myopie, l'épaisseur cornéenne et l'âge déterminent le choix. Voici les situations qui reviennent le plus souvent en consultation.
| Situation | Orientation | Pourquoi |
|---|---|---|
| Myopie de −6 à −18 D | Implant ICL | Au-delà de −8 D, le laser retirerait trop de tissu cornéen. |
| Cornée fine ou irrégulière à tout degré de myopie |
Implant ICL | L'épaisseur résiduelle après laser serait insuffisante pour la stabilité cornéenne. |
| Myopie inférieure à −6 D cornée d'épaisseur normale |
Femto-LASIK en première intention | Le laser suffit et évite un geste intraoculaire. |
| Plus de 40 ans | PRELEX à discuter | Le remplacement du cristallin traite aussi la presbytie qui s'installe. |
| Chambre antérieure étroite ou densité endothéliale basse |
Contre-indication | L'implant a besoin d'un espace suffisant entre l'iris et le cristallin. |
Ces repères couvrent les situations les plus fréquentes. La topographie, la profondeur de chambre antérieure et le comptage endothélial mesurés au bilan fixent la décision.
Les consultations ont lieu sur cinq sites CHIREC de la région bruxelloise et du Brabant wallon.
Bilan et chirurgie
CHIREC Hôpital Delta, boulevard du Triomphe 201, Auderghem.
Durée
Quinze à vingt minutes par œil, sous anesthésie locale par gouttes.
Tarif
2700 à 3500 € par œil, implant compris. À charge du patient en Belgique.
ICL signifie Implantable Collamer Lens : une lentille souple et permanente posée à l'intérieur de l'oeil, entre l'iris et le cristallin naturel. Là où le laser remodèle la cornée en retirant du tissu, l'ICL ajoute une lentille correctrice à l'intérieur de l'œil, à l'endroit où elle est la plus efficace optiquement.
Le matériau utilisé, le Collamer, est un copolymère à base de collagène développé et breveté par STAAR Surgical. Biocompatible par nature, il est toléré par l'œil comme un tissu et reste stable dans le temps : sa structure, sa transparence et sa souplesse se conservent après des années en place.
Avant. La cornée en avant, l'iris, puis le cristallin naturel suspendu par ses fibres. L'espace entre l'iris et le cristallin est celui qui accueillera l'implant.
Après. L'implant se glisse entre l'iris et le cristallin, qui garde sa fonction. La cornée conserve son épaisseur et sa courbure, et l'implant reste retirable.
Je pose exclusivement des EVO ICL de STAAR Surgical, la dernière génération disponible. Elle intègre un micro-pore central, le KS-Aquaport, qui laisse circuler l'humeur aqueuse et rend l'iridotomie préalable inutile. C'est un progrès de sécurité significatif par rapport aux générations précédentes.[1]
Une micro-incision de 3 mm est pratiquée à la périphérie de la cornée. L'implant ICL, souple, est introduit roulé sur lui-même à travers cette ouverture et se déploie doucement dans l'espace naturel entre l'iris et le cristallin. Il est guidé et positionné avec précision. La micro-incision se referme d'elle-même, sans suture. L'intervention dure environ quinze à vingt minutes par oeil, sous anesthésie locale par gouttes.
Quelques heures après, la vision s'améliore déjà notablement. La plupart des patients décrivent une vision fonctionnelle le soir même, et une vision stable en quelques jours.[2]
Pour les fortes myopies, les ICL offrent un avantage optique que le laser ne peut pas obtenir. Un laser qui corrige une forte myopie doit retirer une quantité importante de tissu cornéen, ce qui crée mécaniquement des aberrations optiques périphériques et une légère dégradation de la qualité d'image, surtout la nuit. Cette dégradation tient à une limite physique du principe d'ablation cornéenne.
L'ICL ajoute une lentille parfaitement centrée en arrière de l'iris, et la cornée conserve sa courbure d'origine. La lumière traverse l'œil comme dans un système optique intact. La méta-analyse de Chen et coll. (2022) (12 études, 1 390 yeux) comparant SMILE et ICL V4c pour myopie modérée à forte montre un indice de sécurité statistiquement supérieur pour l'ICL, avec des aberrations d'ordre supérieur, un coma et une aberration sphérique inférieurs.[3][5]
Les résultats de stabilité à long terme convergent entre plusieurs cohortes : essai FDA multicentrique (629 yeux, 3 ans) : 90,7 % ± 0,50 D et 99,0 % ± 1,00 D, acuité sans correction ≥ 20/20 chez 85,8 %.[6] Cohorte Igarashi (41 yeux, 8 ans) : 68,3 % ± 0,50 D, 85,4 % ± 1,00 D.[7] Cohorte long terme V4c (103 yeux, 10 ans) : 74 % ± 0,50 D, 99 % ± 1,00 D.[8]
L'idée d'un corps étranger dans l'oeil. Le Collamer n'est pas un corps étranger au sens biologique du terme : c'est un matériau conçu pour être invisible au système immunitaire de l'oeil. Dans la pratique, les patients ne le sentent pas, ne le voient pas, et n'y pensent plus quelques jours après l'intervention.
Le risque de déplacement. Chaque EVO ICL est dimensionné d'après les mesures de votre œil. La taille est calculée précisément au bilan grâce à la mesure de la chambre antérieure. Une fois en place, il est maintenu par sa propre architecture et par la pression naturelle de l'oeil. Les déplacements sont exceptionnels et quasi exclusivement liés à des traumatismes oculaires sévères.
La réversibilité. C'est un point qui distingue les ICL de toute autre technique réfractive. L'implant peut être retiré ou échangé à tout moment si les besoins visuels évoluent. Si une cataracte se développe dans vingt ans, on retire l'ICL et on pose un implant de cataracte. Cette flexibilité est propre à l'ICL.[4]
L'ICL est aussi proposé comme alternative pour les profils contre-indiqués au laser cornéen, pour les raisons exposées sur la page dédiée aux risques du laser.
Je propose les ICL aux patients jusqu'à 40 ans, dans les situations suivantes.
Forte myopie, de 6 à 18 D. Avec ou sans astigmatisme associé, des modèles toriques sont disponibles. C'est l'indication la plus fréquente, là où le laser atteint ses limites physiques ou offre un résultat sous-optimal.
Cornée trop fine pour le laser. Quand la pachymétrie révèle une épaisseur insuffisante pour permettre une ablation sécurisée. L'ICL contourne entièrement ce problème en ne touchant pas à la cornée.
Contre-indication cornéenne. Irrégularité topographique, fragilité biomécanique ou suspicion de kératocône, qui excluent le laser. Les ICL préservent la cornée intacte.
Patient cherchant une solution réversible. Pour des raisons personnelles ou professionnelles, notamment les patients dont le métier impose des contrôles visuels périodiques et qui souhaitent conserver la flexibilité de retirer l'implant si nécessaire.
Au-delà de 40 ans, le cristallin naturel commence à perdre sa souplesse. Dans ce cas, le PRELEX est souvent la solution plus logique et plus définitive. Si la chambre antérieure est trop étroite pour accueillir un implant en toute sécurité, le bilan l'identifie précisément : c'est une condition non négociable.
Le bilan ICL est spécifiqueIl comprend des mesures que le bilan laser ne réalise pas systématiquement : mesure précise de la chambre antérieure pour déterminer la taille de l'implant, et analyse de l'endothélium cornéen pour vérifier la densité cellulaire. Ces deux paramètres sont déterminants pour la sécurité à long terme.
Références
Le laser corrige en retirant du tissu cornéen, ce qui limite son usage aux corrections d'environ −8 D et aux cornées d'épaisseur suffisante. L'implant ICL se glisse entre l'iris et le cristallin et corrige jusqu'à −18 D, en laissant à la cornée son épaisseur et sa courbure. Il est aussi retirable ou remplaçable, là où le laser est définitif.
De 2700 à 3500 € par œil, implant compris. La chirurgie réfractive reste à charge du patient en Belgique. Plusieurs mutuelles versent une prime forfaitaire dans leur assurance complémentaire.
Le Dr Serdal Sanak, chirurgien ophtalmologue au CHIREC, pose exclusivement des EVO ICL de STAAR Surgical. Les consultations ont lieu sur cinq sites CHIREC de la région bruxelloise et du Brabant wallon, le bilan et l'intervention à l'Hôpital Delta d'Auderghem.
Oui. L'implant peut être retiré ou échangé à tout moment si les besoins visuels évoluent.
Non. L'implant est placé entre l'iris et le cristallin, complètement invisible. La quasi-totalité des patients oublient sa présence en quelques jours.
Je pose des ICL jusqu'à 40 ans. Au-delà, le PRELEX est souvent la solution plus logique.
Le Femto-LASIK remodèle la cornée. L'ICL ajoute une lentille sans toucher à la cornée. L'ICL est indiqué quand la myopie est trop forte pour le laser.