La PKR est l'une des techniques laser les plus anciennes et les mieux documentées en chirurgie réfractive. Elle a ses propres indications, ses propres avantages, et pour certains profils, elle représente le choix le plus adapté.
Dans le Femto-LASIK, on crée un volet dans la cornée, on le soulève, on traite dessous, puis on le repose. La PKR ne crée pas de volet. L'épithélium cornéen, la couche superficielle la plus externe, fine comme du papier à cigarette, est retiré mécaniquement ou chimiquement pour exposer le stroma cornéen en dessous. Le laser excimer remodèle directement la surface.
L'épithélium repousse naturellement en quatre à cinq jours. Pendant ce temps, une lentille de contact thérapeutique protège la cornée et réduit l'inconfort. Elle est retirée en consultation sept jours après l'intervention, une fois l'épithélium reconstitué.
La durée de l'ablation laser est identique à celle du Femto-LASIK : de quelques secondes à une minute selon la correction. C'est la cicatrisation qui est différente. L'intervention dure environ dix à quinze minutes par oeil, sous anesthésie locale par gouttes.
Les premières 48 heures. Larmoiement, photophobie, sensation de corps étranger, vision floue. Ce n'est pas douloureux au sens strict, mais c'est inconfortable. Les collyres prescrits limitent significativement ces symptômes. La grande majorité des patients les décrivent comme supportables, surtout en sachant à quoi s'attendre.
Jour 7. Retrait de la lentille thérapeutique. L'épithélium est reconstitué. L'inconfort diminue rapidement. La vision commence à s'améliorer mais n'est pas encore stable.
Les premières semaines. La vision fluctue. Elle peut être bonne certains jours, moins nette d'autres. C'est normal : la cornée cicatrise et se stabilise. Il faut résister à l'envie de tester sa vision en permanence.
Un à trois mois. La vision se stabilise progressivement. Pour certaines corrections importantes, la stabilisation peut prendre jusqu'à six mois.[1]
Au-delà de cinq ans, les études comparatives ne montrent pas de différence significative entre PKR et Femto-LASIK en termes de précision et de stabilité.[2] La différence est dans le chemin, pas dans la destination.
Pour les myopies jusqu'à 6 D et les hypermétropies jusqu'à +3/+4 D, la précision est excellente. Au-delà, les résultats restent bons mais la variabilité augmente légèrement. Les régressions tardives existent mais sont rares et généralement minimes.
Pour les corrections importantes, l'application de mitomycine C après l'ablation laser réduit significativement le risque de haze cornéen, une légère opacification superficielle parfois observée après PKR. Cette étape supplémentaire est devenue standard dans les centres expérimentés.[3]
Cornée fine ou irrégulière. Le Femto-LASIK nécessite de créer un volet d'environ 100 microns, puis de retirer du tissu pour la correction. Si la cornée est fine, cette double ablation peut compromettre l'épaisseur résiduelle en dessous du seuil de sécurité. La PKR, qui travaille uniquement en surface, préserve davantage de tissu.
Sports de contact. Le volet du Femto-LASIK, même parfaitement cicatrisé, reste théoriquement déplaçable par un traumatisme direct et violent. Pour les pratiquants d'arts martiaux, de sports de combat ou de rugby, la PKR élimine ce risque.[4]
Professions réglementées. Certains corps de métier imposent des restrictions sur le type de chirurgie réfractive acceptée. La PKR est souvent la technique recommandée ou exigée dans ces contextes.
Sécheresse oculaire modérée. La création du volet en Femto-LASIK sectionne les nerfs cornéens superficiels, ce qui peut aggraver temporairement une sécheresse préexistante. La PKR préserve davantage l'innervation cornéenne.[5]
Retouche après laser. Pour améliorer un résultat ou traiter une régression, la PKR est souvent la technique la plus adaptée.
La PKR demande de la patienceLa récupération est plus longue qu'avec le Femto-LASIK. C'est le seul vrai inconvénient. Les patients qui l'acceptent obtiennent un résultat excellent et durable, avec une cornée mécaniquement plus solide.
Références