Dans le Femto-LASIK, on crée un volet dans la cornée, on le soulève, on traite dessous, puis on le repose. La PKR travaille directement en surface. L'épithélium cornéen, la couche superficielle la plus externe, fine comme du papier à cigarette, est retiré mécaniquement ou chimiquement pour exposer le stroma cornéen en dessous. Le laser excimer remodèle directement la surface.
L'épithélium repousse naturellement en quatre à cinq jours. Pendant ce temps, une lentille de contact thérapeutique protège la cornée et réduit l'inconfort. Elle est retirée en consultation sept jours après l'intervention, une fois l'épithélium reconstitué.
La surface. L'épithélium, la couche la plus superficielle, est retiré sur quelques millimètres. L'épaisseur de la cornée reste entière : le laser travaille sur la couche externe.
Le remodelage. Le laser excimer travaille directement sur la surface. L'épithélium repousse en trois à cinq jours, période pendant laquelle la vision reste trouble.
La durée de l'ablation laser est identique à celle du Femto-LASIK : de quelques secondes à une minute selon la correction. C'est la cicatrisation qui est différente. L'intervention dure environ dix à quinze minutes par oeil, sous anesthésie locale par gouttes.
Les premières 48 heures. Larmoiement, sensibilité à la lumière et sensation d'avoir une poussière dans l'œil, vision floue. La douleur est à son maximum entre 24 et 36 heures après l'intervention.[10] Sur une échelle où 0 signifie « aucune douleur » et 10 « douleur insupportable », les patients situent en moyenne leur douleur à 3-5 sur 10 à 24 heures. Ces chiffres sont obtenus avec le traitement standard : une lentille pansement (lentille de contact posée pour protéger l'œil pendant la cicatrisation), un collyre anti-inflammatoire, un collyre pour détendre l'iris et du paracétamol par la bouche.[11] À titre de comparaison directe, l'étude de Wallau et Campos, qui a opéré un œil en PKR et l'autre en Femto-LASIK chez les mêmes patients, mesure 5 sur 10 en PKR contre 0 sur 10 en Femto-LASIK à 24 heures. Ce résultat est confirmé par la revue Cochrane 2013.[12][13]
Jour 3 à 4. La douleur redescend à 1-2 sur 10 à mesure que la couche superficielle de la cornée se referme.[11]
Jour 7. Retrait de la lentille pansement en consultation. La couche superficielle de la cornée est cicatrisée. La douleur est quasiment nulle (moins de 1 sur 10 dans presque toutes les études publiées). La vision commence à s'améliorer mais n'est pas encore stable.
Les premières semaines. La vision fluctue. Elle peut être bonne certains jours, moins nette d'autres. C'est normal : la cornée cicatrise et se stabilise. Il faut résister à l'envie de tester sa vision en permanence.
Un à trois mois. La vision se stabilise progressivement. Pour certaines corrections importantes, la stabilisation peut prendre jusqu'à six mois.[1]
L'étude de référence sur le TransPRK avec technologie SmartPulse (Margarit 2024, J Clin Med) rapporte 96 % des yeux dans ± 0,50 D de l'emmétropie visée à 12 mois, 100 % dans ± 1,00 D, et 100 % atteignant une acuité sans correction supérieure ou égale à 20/25.[6] Une revue systématique BMC Ophthalmology 2025 confirme le profil favorable du TransPRK monoflash : cicatrisation épithéliale complète en 72 à 96 heures, incidence de haze faible et amélioration significative de l'acuité.[7]
Au-delà de cinq ans, les méta-analyses comparatives ne montrent pas de différence significative entre PKR et Femto-LASIK sur l'acuité visuelle finale ni sur la stabilité (Cochrane Kuryan 2017, méta-analyse en réseau Wen 2017).[2][8] Ce qui différencie les deux techniques, c'est le déroulement opératoire et les premières semaines. À trois mois, la qualité de vision est équivalente.
Les guidelines ESCRS 2025 fixent le domaine d'indication de la PKR jusqu'à −6 D de myopie, +3 D d'hypermétropie et 4 D d'astigmatisme. Au-delà, les résultats restent bons mais la variabilité augmente et d'autres options (Femto-LASIK, ICL) peuvent être préférées.[9]
Pour les corrections importantes, l'application de mitomycine C 0,02 % pendant 20 à 40 secondes après l'ablation laser réduit significativement le risque de haze cornéen, une légère opacification superficielle parfois observée après PKR. Cette étape supplémentaire est devenue standard dans les centres expérimentés, et l'incidence de haze significatif dans les cohortes contemporaines TransPRK est inférieure à 10 %, majoritairement de grade 1 asymptomatique et résolutif.[3][6]
Cornée fine ou irrégulière. Le Femto-LASIK nécessite de créer un volet d'environ 100 microns, puis de retirer du tissu pour la correction. Si la cornée est fine, cette double ablation peut compromettre l'épaisseur résiduelle en dessous du seuil de sécurité. La PKR, qui travaille uniquement en surface, préserve davantage de tissu.
Sports de contact. Le volet du Femto-LASIK, même parfaitement cicatrisé, reste théoriquement déplaçable par un traumatisme direct et violent. Pour les pratiquants d'arts martiaux, de sports de combat ou de rugby, la PKR élimine ce risque.[4]
Professions réglementées. Certains corps de métier imposent des restrictions sur le type de chirurgie réfractive acceptée. La PKR est souvent la technique recommandée ou exigée dans ces contextes.
Sécheresse oculaire modérée. La création du volet en Femto-LASIK sectionne les nerfs cornéens superficiels, ce qui peut aggraver temporairement une sécheresse préexistante. La PKR préserve davantage l'innervation cornéenne.[5]
Retouche après laser. Pour améliorer un résultat ou traiter une régression, la PKR est souvent la technique la plus adaptée.
La PKR demande de la patienceLa récupération est plus longue qu'avec le Femto-LASIK. C'est son principal inconvénient. Les patients qui l'acceptent obtiennent un résultat excellent et durable, avec une cornée mécaniquement plus solide.
Références
La PKR est la technique de référence pour les patients pratiquant des sports de contact : boxe, arts martiaux, rugby, natation intensive. Là où le Femto-LASIK découpe un volet, la PKR traite en surface. La cornée reste mécaniquement intacte après la cicatrisation, sans zone de fragilité résiduelle susceptible d'être déplacée par un choc.
C'est également la technique privilégiée pour les cornées dont l'épaisseur est insuffisante pour un Femto-LASIK, et pour les patients présentant une sécheresse oculaire préexistante modérée. La récupération visuelle est plus progressive qu'avec le Femto-LASIK (une à deux semaines pour une vision fonctionnelle, un à trois mois pour la stabilisation complète), mais le résultat final est comparable.
La PKR est-elle plus sûre que le Femto-LASIK ?
Pas plus sûre dans l'absolu, mais plus adaptée à certains profils. Elle est recommandée pour les cornées fines, les sports de contact, et les sécheresses préexistantes.
Pourquoi la récupération est-elle plus longue avec la PKR ?
L'épithélium cornéen doit se reconstituer naturellement. Ce processus prend quatre à cinq jours, pendant lesquels la vision est floue. La stabilisation prend un à trois mois.
La PKR laisse-t-elle des cicatrices sur la cornée ?
Parfois, une légère opacification appelée haze peut apparaître. L'application de mitomycine C en fin d'intervention réduit significativement ce risque.
La PKR est-elle plus douloureuse que le Femto-LASIK ? Oui, mais pendant peu de temps. Sur une échelle de douleur de 0 (aucune) à 10 (maximale), les études publiées trouvent en moyenne 3 à 5 sur 10 à 24 heures après une PKR, contre 0 à 1 sur 10 après un Femto-LASIK dans les études qui ont comparé directement les deux techniques (Wallau et Campos, BJO 2009). La douleur est à son maximum entre 24 et 36 heures, puis redescend à 1-2 sur 10 vers le troisième ou quatrième jour et devient quasi nulle à une semaine (Sánchez-González 2021, Hashemi 2022). Le traitement combine une lentille pansement, un collyre anti-inflammatoire et du paracétamol. Au-delà d'une semaine, la récupération est similaire entre les deux techniques.
Peut-on faire les deux yeux le même jour ? Oui, la PKR se réalise généralement sur les deux yeux lors de la même séance. Une lentille de confort (lentille bandage) est posée à l'issue de l'intervention et retirée lors du contrôle à cinq jours.
La PKR partage le profil de risque général de la chirurgie laser, décrit en détail sur la page dédiée.